Le Système des Incrétines : GIP, GLP-1 et Glucagon Expliqués

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Rédaction GLP-1 Journal
· · 9 min de lecture
Diagramme du système des incrétines dans le tube digestif

Avant de comprendre comment fonctionnent les peptides modernes pour le contrôle du poids — du sémaglutide au tirzépatide en passant par le retatrutide — tu dois connaître le système biologique sur lequel ils agissent : le système des incrétines. Cet article t’explique les trois hormones clés et comment elles interagissent pour réguler ton métabolisme.

La chose fondamentale à comprendre est celle-ci : on ne parle pas de molécules “externes” ou artificielles. GLP-1, GIP et glucagon sont des messagers biologiques que ton corps produit déjà chaque jour. Les peptides de recherche les imitent et en amplifient le signal.

Que sont les incrétines

Les incrétines sont des hormones peptidiques produites par l’intestin en réponse à la nourriture que tu manges. Leur rôle principal est d’amplifier la réponse insulinique au glucose — un phénomène appelé effet incrétine.

Voici un exemple pratique : quand tu ingères des glucides en mangeant, la sécrétion d’insuline est beaucoup plus importante que lorsque la même quantité de glucose est administrée par voie intraveineuse. Cette différence — qui peut représenter 50 à 70 % de la réponse insulinique totale — est le mérite des incrétines.

Les deux principales incrétines sont :

  1. GIP (Glucose-dependent Insulinotropic Polypeptide)
  2. GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1)

À celles-ci s’ajoute le glucagon, une hormone apparentée qui, même si elle n’est pas une incrétine, participe activement à la régulation métabolique. C’est la troisième cible du retatrutide — que dans notre blog nous appelons TRIPLE-G pour ses trois G (GLP-1, GIP, Glucagon).

GIP : le peptide insulinotrope glucose-dépendant

Où il naît et comment il fonctionne

Le GIP est produit par les cellules K du duodénum et du jéjunum proximal (la première partie de l’intestin grêle). Il est libéré principalement quand tu manges des graisses et des glucides, avec un pic dans les 15-30 minutes après le repas.

Ce qu’il fait

Sur le pancréas :

  • Potentialise la sécrétion d’insuline, mais seulement quand la glycémie est élevée (un mécanisme de sécurité naturel)
  • Favorise la croissance des cellules bêta (celles qui produisent l’insuline)
  • Protège les cellules bêta de la mort cellulaire

Sur le tissu adipeux :

  • Stimule la lipogenèse (formation de graisse)
  • Augmente le flux sanguin vers le tissu adipeux
  • Facilite le stockage des triglycérides

Sur les os :

  • Stimule la formation osseuse
  • Inhibe la résorption osseuse
  • Rôle protecteur potentiel contre l’ostéoporose

Le paradoxe du GIP

Pendant des décennies, le GIP a été ignoré comme cible pour la perte de poids. La raison ? Son action lipogénique — c’est-à-dire le fait qu’il aide à former du tissu adipeux — suggérait qu’il pouvait faire grossir, pas maigrir.

Mais la science a révélé quelque chose de surprenant : à doses élevées, le récepteur du GIP se “désensibilise” partiellement, et surtout — quand le GIP est activé en même temps que le GLP-1, l’effet global est une plus grande perte de poids par rapport au GLP-1 seul. C’est le principe à la base du tirzépatide (Mounjaro), qui a révolutionné le secteur en combinant GIP et GLP-1.

GLP-1 : le peptide apparenté au glucagon de type 1

Où il naît et comment il fonctionne

Le GLP-1 est produit par les cellules L de l’iléon et du côlon — la partie la plus distale (c’est-à-dire “au fond”) de l’intestin. Il est libéré en réponse aux nutriments, à la fois par contact direct avec les cellules L et par un réflexe nerveux anticipatoire (le nerf vague).

Ce qu’il fait

Sur le pancréas :

  • Stimule la sécrétion d’insuline (seulement quand c’est nécessaire — glucose-dépendante)
  • Freine la sécrétion de glucagon
  • Favorise la naissance et la survie de nouvelles cellules bêta

Sur le cerveau :

  • Réduit l’appétit en agissant sur l’hypothalamus
  • Modifie les circuits de récompense — moins de désir pour les aliments hypercaloriques
  • Induit une satiété précoce (tu te sens rassasié plus tôt)

Sur l’estomac :

  • Ralentit la vidange gastrique — la nourriture reste dans l’estomac plus longtemps
  • Réduit la sécrétion acide

Sur le coeur et les vaisseaux :

  • Effet vasodilatateur direct
  • Réduction de la pression artérielle
  • Effets cardioprotecteurs (démontrés dans les études LEADER et SELECT)

Pourquoi le GLP-1 est la base de tout

Le GLP-1 est l’hormone qui a rendu possible le développement de tous les peptides modernes pour le contrôle du poids. Son action combinée — moins d’appétit du cerveau, estomac plus lent, glycémie stable — produit une réduction de l’apport calorique de 20-35 % d’une manière qui est perçue comme naturelle.

Glucagon : l’hormone qui brûle les graisses

Où il naît

Le glucagon est produit par les cellules alpha du pancréas. Contrairement au GIP et au GLP-1, ce n’est pas une hormone intestinale — c’est une hormone pancréatique. Il est libéré quand la glycémie baisse, pendant le jeûne et en réponse aux protéines.

Ce qu’il fait

Sur le foie :

  • Libère du glucose à partir des réserves de glycogène (glycogénolyse)
  • Produit du nouveau glucose à partir de précurseurs non glucidiques (néoglucogenèse)
  • Stimule la combustion des acides gras
  • Favorise la production de cétones (cétogenèse)

Sur le tissu adipeux :

  • Stimule la lipolyse — la dégradation des graisses déposées en acides gras libres
  • Active la thermogenèse dans le tissu adipeux brun — le corps “brûle” de la graisse en produisant de la chaleur

Sur le métabolisme énergétique :

  • Augmente la dépense énergétique de base (tu brûles plus de calories même au repos)
  • Favorise la thermogenèse
  • Contribue à la satiété

Pourquoi le glucagon change les règles du jeu

Pendant longtemps, le glucagon a été vu comme un “ennemi” dans le contexte du diabète, parce qu’il élève la glycémie. Mais voici le tournant : quand tu le combines avec les effets du GLP-1 et du GIP (qui abaissent la glycémie), l’effet hyperglycémiant est neutralisé et il ne reste que les bénéfices uniques :

  1. Augmentation de la dépense énergétique : ton métabolisme accélère, tu brûles plus de calories
  2. Lipolyse directe : il mobilise les graisses déposées — le corps les utilise comme carburant
  3. Réduction de la graisse hépatique : il stimule le foie à “brûler” l’excès de graisse (résultats extraordinaires dans la MASLD)
  4. Suppression de l’appétit : effet anorexigène (qui réduit la faim) indépendant du GLP-1 — un mécanisme supplémentaire

L’interaction des trois systèmes : pourquoi TRIPLE-G est différent

La véritable innovation des peptides de dernière génération réside dans la combinaison synergique de ces trois systèmes :

Agonisme simple (GLP-1 seul)

Exemple : Sémaglutide

  • Réduction de l’appétit
  • Ralentissement gastrique
  • Amélioration glycémique
  • Perte de poids : 15-17 %

Double agonisme (GIP + GLP-1)

Exemple : Tirzépatide

  • Tous les effets du GLP-1
  • Potentialisation insulinique via le GIP
  • Synergie sur la réduction de l’appétit
  • Perte de poids : 22-26 %

Triple agonisme (GIP + GLP-1 + Glucagon)

Exemple : TRIPLE-G (Retatrutide)

  • Tous les effets du GLP-1 et du GIP
  • Augmentation de la dépense énergétique via le glucagon
  • Lipolyse directe — le corps brûle de la graisse activement
  • Réduction de la graisse hépatique
  • Perte de poids : 24-26 % (avec une courbe qui continue à descendre)

La différence fondamentale est celle-ci : avec le simple et le double agonisme, tu perds du poids principalement parce que tu manges moins. Avec le triple agonisme, tu manges moins et ton corps brûle plus de graisses activement. Deux mécanismes qui travaillent ensemble.

L’effet incrétine dans le diabète de type 2

Un aspect cliniquement important : l’effet incrétine est compromis chez les personnes avec un diabète de type 2. Le corps répond moins au GIP endogène et produit moins de GLP-1 après les repas.

Cela a des implications pratiques :

  • L’administration d’agonistes GLP-1 contourne partiellement ce déficit
  • Le double agonisme GIP/GLP-1 restaure l’effet incrétine de manière plus complète
  • L’ajout du glucagon fournit des mécanismes de contrôle du poids qui ne dépendent pas du tout du système incrétine — un avantage en plus

Le futur de la recherche

La compréhension du système incrétinique ouvre de nouvelles voies :

Peptides multi-récepteurs de nouvelle génération : des composés avec des profils de sélectivité différents sont en développement, pour optimiser le rapport entre efficacité et tolérance.

Administration orale : le sémaglutide oral (Rybelsus) a démontré qu’il est possible de prendre des peptides GLP-1 par la bouche. Les versions orales des composés multi-récepteurs sont en phase de développement — disponibles en Europe dès qu’elles seront approuvées.

Combinaisons avec d’autres cibles : l’intégration avec des agonistes de l’amyline, des antagonistes du neuropeptide Y et des modulateurs du FGF-21 représente la prochaine frontière.

Pour qui veut rester à jour sur les développements, sur aurapep.eu tu trouveras des ressources éducatives actualisées et des guides sur le protocole TRIPLE-G.

Conclusions

Le système des incrétines — avec le GIP et le GLP-1 comme acteurs principaux et le glucagon comme troisième élément stratégique — est la base biologique des peptides les plus innovants pour la recherche métabolique. Comprendre comment ces trois messagers biologiques interagissent te permet de comprendre pourquoi le retatrutide (TRIPLE-G) représente une évolution sans précédent : ce n’est pas simplement “un peptide de plus”, mais une approche fondamentalement différente qui exploite trois systèmes naturels du corps simultanément.

Références

  • Campbell JE, Drucker DJ. “Pharmacology, physiology, and mechanisms of incretin hormone action.” Cell Metab. 2013;17(6):819-837.
  • Nauck MA, Meier JJ. “The incretin effect in healthy individuals and those with type 2 diabetes.” J Clin Endocrinol Metab. 2016.
  • Müller TD, et al. “Glucagon-like peptide 1 (GLP-1).” Mol Metab. 2019;30:72-130.
  • Samms RJ, et al. “How May GIP Enhance the Therapeutic Efficacy of GLP-1?” Trends Endocrinol Metab. 2020.

Questions Fréquentes

Que sont les incrétines et quel est leur rôle dans le métabolisme ?

Les incrétines sont des hormones peptidiques produites par l’intestin en réponse aux aliments. Les deux principales, le GIP et le GLP-1, amplifient la réponse insulinique au glucose et représentent 50 à 70 % de la sécrétion totale d’insuline après un repas. Elles régulent également l’appétit, la vidange gastrique et le métabolisme lipidique.

Comment le glucagon contribue-t-il à la perte de graisse ?

Le glucagon stimule la lipolyse dans le tissu adipeux, active la thermogenèse dans le tissu adipeux brun et augmente la dépense énergétique de base. Combiné au GLP-1 et au GIP dans le retatrutide, son effet hyperglycémiant est neutralisé et seuls les bénéfices sur la combustion des graisses demeurent.

Pourquoi le système incrétinique fonctionne-t-il moins bien en cas de diabète de type 2 ?

Chez les personnes atteintes de diabète de type 2, le corps répond moins au GIP endogène et produit moins de GLP-1 après les repas. C’est pourquoi les agonistes GLP-1 et les doubles agonistes sont particulièrement bénéfiques : ils contournent ce déficit en amplifiant le signal incrétinique de manière exogène.

Quelle est la différence entre un simple, un double et un triple agoniste ?

Un agoniste simple (sémaglutide) cible le GLP-1 seul pour environ 15-17 % de perte de poids. Un double agoniste (tirzépatide) cible GLP-1 et GIP pour 22-26 %. Le triple agoniste retatrutide ajoute le glucagon, augmentant la dépense énergétique pour une perte de 24-26 % avec une courbe encore descendante.

Où trouver des peptides incrétiniques pour la recherche en Europe ?

Les peptides de recherche incrétiniques doivent répondre à des critères stricts : pureté HPLC d’au moins 98 %, COA vérifiable et traçabilité du lot. Aura Peptides est un fournisseur européen vérifié proposant du retatrutide et d’autres peptides research-grade avec COA inclus et livraison EU gratuite.


Les informations contenues dans cet article sont destinées exclusivement à des fins éducatives et de recherche scientifique.

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